Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives en Guinée (ITIEG)

La République de Guinée

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République de Guinée


Diamants bruts venant de Bananakoro, Guinée

 
 

Présentation de la République de Guinée           haut

 

Situation : La Guinée est un pays côtier de l'Afrique Occidentale, d'une superficie de 245 857 km², compris  entre 7° et 13°N et entre 8° et 15°O.

On y distingue quatre grandes régions naturelles :

  • la Guinée Maritime, pays des plaines côtières et de plateaux, où la température varie entre 18°C et 37°C;

  • la Moyenne-Guinée (Fouta Djalon), pays des montagnes où la température varie entre 10°C et 33°C;

  • la Haute-Guinée, pays de la savane arborée où la température varie entre 13°C et 38°C;

  • la Guinée Forestière, zone de forêt humide, où la température varie entre 13°C et 33°C.

Le climat est du type tropical caractérisé par l'alternance d'une saison sèche, qui dure de novembre à avril, et une saison pluvieuse le reste de l'année, d'intensité et de durée variable d'une région naturelle à l'autre.

 

Le réseau hydrographique est bien développé et donne naissance aux grands fleuves de la sous-région (Niger, Sénégal, Gambie , Konkouré ...), ce qui vaut à la Guinée sa qualification de "Château d'eau de l'Afrique de l'Ouest". La Guinée est dotée d'un important potentiel hydroélectrique estimé à une puissance totale de l'ordre de 6 GW pour une énergie annuelle disponible de 19 000 GWh.

 

Population : La Guinée compte environ 10 millions d'habitants. Une majorité vit en milieu rural et s'occupe d'agriculture, d'élevage, de pêche et de commerce.

 

Communications : Le réseau routier compte 30 000 km de routes et de pistes carrossables. Le bitumage des routes nationales a nettement amélioré les déplacements à l'intérieur du pays. Le réseau des routes bitumées est passé en effet de plusieurs centaines de km en 1984 à près de 5 000 km  aujourd'hui.

 

Il existe trois lignes de chemin de fer actives qui desservent les exploitations minières de Fria, Débélé et Sangarédi, longues de  moins de 150 km chacune. Une quatrième ligne à voie métrique aujourd'hui désaffectée reliait Conakry à Kankan sur 662 km. Le projet du Chemin de Fer Transguinéen envisage de  reconstruire cette ligne et de la prolonger vers le sud pour évacuer les minerais de fer du Simandou et du Nimba.

 

Le trafic maritime transite par les ports de Conakry et de Kamsar.

L'Aéroport International de Conakry-Gbessia et les aéroports nationaux sont régulièrement desservis.

 

Economie : La Guinée est un pays sous développé où la pauvreté s’est accentuée au fil du temps. Le Produit Intérieur Brut (PIB) de la Guinée, est estimé à 7 200 milliards de Francs guinéens pour 2003, soit environ 413 dollars US par habitant. La monnaie nationale est le Franc Guinéen (1 $US = 7 000 FG en moyenne en 2011).

 

 

 

Ressources minières            haut

La Guinée est un pays minier dont le potentiel riche et varié (bauxite, fer, or, diamant, mais aussi nickel, calcaire, uranium, manganèse, graphite, etc.) est grandement sous-exploité. Les substances minérales produites sont la bauxite, l'or, le diamant et les matériaux de construction.

Les réserves sont considérables pour ces substances. D'autres substances, en particulier le minerai de fer à très haute teneur, attendent d'être valorisées. Le potentiel minier est estimé comme suit :

Bauxite : 29 milliards de tonnes de ressources identifiées (soit entre 1/3 et  2/3 des ressources mondiales, et plus de 16 siècles d'exploitation au rythme actuel) ;

Minerai de fer : plus de 3 milliards de tonnes de ressources identifiées, dont plus de 360 millions de tonnes (Mt) à haute teneur prouvés aux Monts Nimba et plus de 1 200 Mt à haute teneur au Simandou ;

Or : plusieurs centaines de tonnes, dont 270 tonnes de ressources identifiées en primaire ;

Diamant : plusieurs millions de carats, en majorité de qualité joaillerie (alluvionnaire et kimberlites) ;

 

L’exploitation minière assure aujourd’hui plus de 80 % des exportations du pays, 25 à 30 % des recettes de l’Etat, et 17 à 20 % du PIB. Les sociétés minières sont une source importante d’emploi salarié, et l’exploitation artisanale de l’or et du diamant touche une part significative des populations rurales de Haute-Guinée et de Guinée-Forestière.

 

LA BAUXITE

La Bauxite est le principal minerai d'aluminium, métal dont le monde consomme environ 26 Mt/an (en 2002, hors recyclage).

La Bauxite est la plus importante ressource minière actuelle du pays et constitue sa principale source de devises. La Guinée est le deuxième producteur mondial de bauxite avec 17 Mt en 2003. Ses ressources identifiées sont évaluées à 29 milliards de tonnes – ce qui lui assurerait 16 siècles de production au rythme actuel –, auxquelles pourraient s'ajouter plus de 10 milliards de tonnes hypothétiques.

 

Tab.1 : Les ressources bauxitiques de la Guinée (d'après Mamedov et al., 2003)

Régions bauxitiques

Nbre de bowé

Réserves prouvées et probables

Ressour-ces mesurées

Ressour-ces indi-quées et supposées

Total res-sources et réserves identifiées

Ressources addition-nelles pro-nostiquées

Potentiel bauxitique total

BOKE

84

913

1 945

3 053

5 911

322

6 233

INT.COGON-TOMINE

144

 

2 893

7 236

10 129

1 593

11 722

FATALA

115

62

201

1 450

1 713

4 615

6 328

DEBELE-KINDIA

49

157

23

69

249

126

375

MALI

67

 

277

225

502

622

1 124

LABE

85

 

320

2 225

2 545

239

2 784

DALABA-MAMOU

57

 

 

465

465

859

1 324

DONGHOL-SIGON

49

 

703

982

1 685

272

1 957

BALIN-KO

26

 

 

927

927

 

927

TOUGUE

111

1 428

925

1 219

3 572

791

4 363

DABOLA

64

617

95

746

1 458

855

2 313

BAFING-TINKISSO

39

 

 

89

89

601

690

LITTORAL, ILES*

4

9

 

39

 

 

 

TOTAL

894

3 178

7 381

18 686

29 245

10 895

40 139

               *Réserves épuisées, ressources non prises en compte

 

Les gisements de bauxite constituent, en Guinée, un phénomène géologique spécial évoqué par certains comme un "scandale géologique". Ils se sont développés par altération superficielle sur des formations sédimentaires détritiques néoprotérozoïques et paléozoïques, des dolérites et des syénites néphéliniques mésozoïques. L'épaisseur moyenne du minerai varie entre 3 et 9 m sous un recouvrement stérile d'épaisseur insignifiante. L'accès aux gisements est facile et l'exploitation se fait à ciel ouvert.

 

La bauxite est présente en Basse, Moyenne et Haute-Guinée. Les gisements sont situés à des distances variant entre 100 et 500 km de l'Océan Atlantique.

 

La Basse-Guinée est la région bauxitique par excellence. Elle est favorisée par une faible distance à la côte et renferme l'essentiel du potentiel bauxitique du pays, avec plus de 5 milliards de tonnes de haute qualité.

 

Trois sociétés d'exploitation opèrent dans cette région.

  • La Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), qui associe l'État guinéen (49%) au consortium Halco Mining Inc. (51%,) – lui-même détenu par Alcoa (45%), Alcan (45%) et Dadco (10%) – exploite  depuis 1973 les gisements de Sangarédi et environs, dans la région de Boké. Elle produit de 11 à 14 Mt de bauxite par an, à 53% Al2O3 et 2% SiO2 en moyenne, transportée par chemin de fer sur 135 km jusqu'au port de Kamsar où elle est concassée et séchée avant exportation. Ces gisements ont dans le passé fourni les meilleures bauxites au monde, à plus de 60% d'Al2O3.

  • L' Alumina Company of Guinea (ACG), qui associe l'Etat guinéen (15%) à une société  off-shore contrôlée par Russki Alumini (85%), extrait la bauxite des gisements de Fria et la transforme sur place en alumine, avec une production de 730 000 tonnes d'alumine en 2003, exportée du port de Conakry après un transport par chemin de fer sur 145 km. ACG a repris cette exploitation en 2000 de l'ancienne société d'économie mixte Friguia (Etat : 49% - consortium Frialco : 51%) qui exploitait cette unité depuis 1960.

  • La Compagnie des Bauxite de Kindia (CBK), détenue à 100% par Russki Alumini, exploite depuis 1974 les gisements de Débélé. Sa production annuelle est comprise entre 1,4et 2,0 Mt de bauxite brute d'une teneur de 45 à 46 % d'Al2O3 et 2,9 % de SiO2. La bauxite est transportée par chemin de fer jusqu'au port de Conakry d'où elle est expédiée à la raffinerie de Nikolaiev (Ukraine).

Dans la région de Boké, en plus de CBG, il existe trois projets majeurs de développement de la filière bauxite-alumine :

  • Le projet Dian-dian, avec la Compagnie des Bauxites de Dian-dian (COBAD) détenue par Russki Alumini, signataire d'une convention avec l'Etat guinéen en 2001 et attributaire depuis octobre 2002 d'une concession pour la mise en exploitation (6,6 à 12 Mt/an) des plateaux bauxitiques de Dian-Dian (réserves en bauxite évaluées à 564 Mt prouvées et 1 300 Mt probables, à 48,5 % d'Al2O3 et 1,6 % de SiO2) et la transformation sur place d'une partie en alumine (1,2 à 2,8 Mt/an d'alumine, à partir de 2010) ;

  • Le projet d'usine d'alumine de Sangarédi, par la société Global Alumina qui a signé en octobre 2004 une convention avec l'Etat guinéen pour la construction d'une raffinerie de 2,8 Mt d'alumine par an à partir des bauxites non exportables de la région (investissement estimé à 2 milliards de dollars, début de production envisagé pour 2008) ;

  • Le projet d'usine d'alumine de Kamsar, par les géants américains et canadiens de l'aluminium Alcoa et Alcan, par ailleurs partenaires dans CBG, pour une capacité de 1,5 Mt d'alumine par an à partir des bauxites non exportables de CBG (investissement estimé à 1 milliard de dollars, début de production envisagé pour 2008). Un protocole d'accord a été signé avec l'Etat guinéen et une convention est en négociation ;

En Moyenne-Guinée, les plateaux bauxitiques des environs de Labé totalisent un potentiel de l'ordre de 2,5 milliards de bauxite avec une teneur moyenne supérieure à 45 % d' Al2O32. Ceux de Gaoual, au Nord-Ouest du pays, totalisent près de 460 Mt de ressources en bauxite de qualité avec une teneur moyenne de 48,7 % d'Al2O3 et 2,1 % de SiO2. Leur mise en exploitation n'est pas envisagée dans l'immédiat en raison de leur trop grand éloignement de la côte.

 

En Haute-Guinée, les régions de Tougué et de Dabola renferment un potentiel bauxitique de plus de 2 milliards de tonnes. La Société des Bauxite de Dabola-Tougué  (SBDT) développe dans cette zone un projet d'exploitation des bauxites d'une teneur moyenne de 44,1 % d'Al2O3 et 2,6 % de SiO2. Ce projet est conditionné par la réalisation du chemin de fer Transguinéen en cours d'étude avec l'état et les sociétés intéressées par le développement des gisements de fer du Simandou et du Nimba.

 

L'OR

 

L'histoire de l'Afrique Occidentale en général, et celle de la Guinée en particulier, est liée à l'or. C'est l'or qui a fait la grandeur, la puissance et la prospérité des grands empires Ouest-Africains. L'Empire du Mali au XIIIème siècle, dont la capitale, Niani, se trouve dans l'actuelle Préfecture de Siguiri, première province aurifère de la Guinée, en est le meilleur exemple.

L'or est présent en Guinée sous forme de gisements primaires (disséminations, stockwerks, veines de quartz) et secondaires (alluvions des lits et terrasses de cours d'eau). Ces gisements sont exploités de façon artisanale, semi-industrielle et industrielle.

 

La principale région aurifère de Guinée est  la Haute-Guinée et en particulier le bassin de Siguiri (préfectures de Siguiri, Kouroussa, Mandiana, Dinguiraye, Kankan). Ce bassin est constitué de formations birimiennes (formations géologiques sédimentaires et volcano-sédimentaires âgées d'environ 2 milliards d'années, hôtes de nombreuses minéralisations aurifères dans toute l'Afrique de l'Ouest);

On trouve aussi de l'or dans les zones de Fitaba (Mamou-Faranah ), Sierra-Forè (Est de Kindia : conglomérats aurifères de Mambia, Or de Boko) et N'Zérékoré (Gama-Karana-Yomou).

 

Le potentiel en or de la Guinée est estimé à plusieurs centaines de tonnes.

 

La mise en place du code minier de 1995, la bonne tenue des cours et le dynamisme de l'exploration minière mondiale jusqu'en 1997 a conduit plusieurs sociétés étrangères à s'implanter en Guinée et y investir en exploration minière et, pour certaines, en exploitation, avec des capitaux en provenance du Canada, d'Australie, de France, de Norvège, d'Afrique du Sud, du Ghana, du Maroc, entre autres. La faiblesse des cours de l'or entre 1997 et 2001 et d'autres évènements avaient affecté le dynamisme de l'exploration pour l'or au niveau mondial et donc aussi en Guinée, mais la remontée des cours à partir de 2003 a relancé cette activité.

 

Afin de mieux connaître le potentiel aurifère et de fournir aux investisseurs potentiels la documentation de base dont ils ont besoin, la Direction Nationale de la Recherche Géologique et des Hydrocarbures a mené à bien, en 1998 et 1999, la cartographie géologique et gîtologique au 1/200 000 de la majeure partie du bassin de Siguiri, avec l'appui financier de la Banque Mondiale et de la Coopération française, et l'appui technique du BRGM français. Ce travail s'est poursuivi en 2002-2003 dans la partie Ouest du bassin.

 

La Guinée a produit 16,6 tonnes d'or en 2003, pour une valeur totale de 190 millions de $ US, en provenance de 3 sociétés industrielles : la Société Ashanti de Guinée (SAG), la Société Minière de Dinguiraye (SMD) et la Société d'Exploitation Minière d' Afrique de l'Ouest – Guinée (SEMAFO-Guinée), de quelques sociétés semi-industrielles et d'exploitation artisanale (orpaillage).

  • La SAG est établie à Siguiri depuis 1995. Elle associe l'Etat guinéen (15 %) et Anglogold-Ashanti (85 %). Cette société, qui s'est substituée à la Société Aurifère de Guinée, exploite les gîtes primaires d'or dans la préfecture de Siguiri, à 850 km au nord-est Conakry. Elle a produit 7,86 t d'or en 2003 et prévoit d'augmenter sa capacité à 12 t/an par des investissements en cours et la construction d'une nouvelle usine de traitement (CIL). Ses ressources identifiées se montaient à 133 t d'or début 2004.

  • La SMD associe l'Etat guinéen (15 %) et Guinor (Canada) (85 %) qui s'est substituée à l'ancienne société norvégienne Kenor. Elle exploite les gîtes primaires de Lero, Fayalala et environs (limite entre les préféctures de Siguiri et de Dinguiraye) et a produit 2,88 t d'or en 2003. Elle termine fin 2004 une étude de faisabilité pour construire une nouvelle usine de traitement et accroître sa capacité à 13 t/an à partir du minerai sulfuré. Ses ressources identifiées se montaient à 124 t d'or début 2004.

  • La SEMAFO-Guinée est détenue à 15% par l'Etat et 85 % par la société canadienne Semafo Inc., elle-même contrôlée par le groupe marocain ONA-Managem. Elle a inauguré le 3 avril 2002 la mine de Kiniéro, près de Kouroussa, à 650 km à l'est de Conakry. Elle a produit 2,27 t de "doré" contenant 1,45 t d'or et 0,79 t d'argent en 2003. Ses ressources se montaient à 5,1 Mt de minerai à 3,1 g/t d'or, soit environ 15,8 t d'or.

  • L'exploitation semi-industrielle (à petite échelle) est effectuée par diverses sociétés de droit guinéen.

  • La production artisanale d'or est ancrée profondément dans la tradition guinéenne et occupe plusieurs dizaines de milliers de personnes. L'orpaillage est réservé aux nationaux et est bien structuré. Sa production est vendue à des collecteurs ou directement à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), laquelle possède deux bureaux d'achat avec  laboratoires de titrage à Kankan et à Conakry. La BCRG fixe son prix d'achat à partir du fixing de Londres. La production d'or des exploitations à petite échelle et artisanale enregistrée à la Banque Centrale s'est montée à 4,4 t en 2003.

  • Par ailleurs, entre 1999 et 2003, plus de 100 permis de recherche pour or ont été attribués, et plusieurs sociétés attributaires en sont à des phases d'exploration par sondages.

 

LE DIAMANT

 

Le Diamant a été découvert en Guinée en 1932 par le prospecteur irlandais R.Dermody qui a remonté le cours supérieur de la rivière Makona (région de Macenta), suite aux découvertes de Sierra Leone en 1930.

 

Les principaux gisements de diamant connus sont situés dans les préfectures de Kérouané, Kissidougou et Macenta, le long des rivières Baoulé, Milo et Diani. D'autres découvertes de diamant ont été faites dans l'ouest de la Guinée, notamment à l'ouest de Kindia en 1996 et plus sporadiquement vers Forécariah.

Le premier dyke kimberlitique en Guinée a été découvert en 1952 dans la région de Kérouané. Plus tard, d'autres dykes ont été trouvés dans les préfectures de Kérouané, Kissidougou et Macenta.

 

Dans la vallée de la Diani, la première exploitation a débuté en 1935 à Baradou, avec la Société Guinéenne d'Exploitation Minières. En 1953, la Minière de Beyla a commencé à exploiter le riche gisement de Bonoudou. De 1956 à 1960, la BEKIMA a produit environ 1 285 000 cts. Avec l'indépendance, l'exploitation a été effectuée par l'Entreprise Guinéenne d'Exploitation du Diamant qui a produit 214 314 cts entre 1961 et 1973.

En 1956, des exploitants artisanaux clandestins, venus de Sierra Leone, envahissent les zones diamantifères. L'exploitation artisanale a été autorisée entre 1980 et 1984 au sein du Service National d'Exploitation du Diamant (SNED), avec une production totale de 160 850 cts. Le SNED a été fermé en 1985, laissant la place à une exploitation clandestine. L'exploitation artisanale a été de nouveau autorisée en 1992, sous encadrement de la Direction Nationale des Mines (DNM).

 

Le diamant se rencontre en Guinée dans des gisements secondaires (éluvionnaire et alluvionnaire en lit vif et en terrasses) et primaires (kimberlites). Les diamants sont généralement de bonne qualité avec une nette prédominance des pierres de joaillerie. Les ressources totales sont actuellement estimées entre 25 et 30 millions de carats, mais le potentiel reste ouvert : les kimberlites ne sont pas encore complètement inventoriées.

 

Plusieurs sociétés travaillent actuellement dans la prospection du diamant en Guinée. En particulier, Debsam (filiale du sud-africain De Beers) s'est intéressée à la recherche de kimberlites minéralisées et détenait en 2003 quatorze permis de recherche. Rio Tinto a aussi recherché des kimberlites en association avec Aredor dans la concession de cette dernière. Mais jusqu'à présent, les kimberlites minéralisées se sont généralement révélées de faible dimension.

 

Geosurvey International a effectué en 1979-1981 le levé géophysique aéroporté (spectrométrie, magnétométrie, VLF) du territoire national. Ce levé indique la présence potentielle de kimberlites à Beyla, à l'Est de Simandou, et dans la zone de fracture de Véma, à la frontière sénégalaise.

 

La Guinée a exporté 666 000 carats de diamant en 2003, pour une valeur de 46,4 millions de $ US. La production de diamant est actuellement  assurée à l'échelle industrielle par la société Aredor-First City Mining Company (Aredor-FCMC), à petite échelle par plusieurs sociétés locales, et surtout à l'échelle artisanale.

  • Aredor-First City Mining Company (Aredor-FCMC), détenue à 15 % par l'Etat et à 85% par la société canadienne Trivalence Mining Corporation. Elle détient une concession de 1012 km² couvrant la zone de Banankoro et Gbenko. Elle y exploite principalement les flats de la Baoulé et de ses affluents depuis 1996 et produit entre 12 000 et 38 000 carats/an. Elle a repris l'exploitation de l'ancien Aredor-Guinée SA qui avait exploité cette même zone entre 1978 et 1993.

  • La société Hymex-Guinée SA a produit 52 400 carats cumulés entre 1995 et 2001 puis a cessé son activité. La société Quatro-C a produit 5200 cts de 1998 à 2001.

  • Plusieurs autres sociétés détiennent des Permis d'Exploitation Minière, d'Exploitation par Dragage ou d'Exploitation Semi-industrielle de diamant (Bassad-Guinée, Corporation Minière de Guinée, International Goldiamond Guinée, Marie Wanda Mining Corp., Société Géo-Minière, A-West Diamant, AA-Mining, Savané, Sagem, Fortuna, etc.).

  • L'exploitation artisanale ou à petite échelle du diamant est le mode d'exploitation le plus productif de ce secteur (300 à 600 000 cts/an). Elle se concentre principalement dans la zone de Banankoro (Kérouané), sur des terrains réservés par l'Etat, dans le voisinage des terrains de la société Aredor-FCMC, et, plus récemment, dans la préfecture de Kindia où elle n'est cependant plus autorisée.

  • Les Permis d'Exploitation Artisanale sont attribués par Arrêtés par parcelles d'un hectare aux demandeurs, les "Masters", moyennant le paiement d'un droit et d'une caution de restauration. Les Masters emploient des ouvriers mineurs nourris et équipés puis payés en pourcentage de la récolte.

L'exportation des diamants se fait obligatoirement à travers le Bureau National d'Expertise (BNE), qui évalue les diamants, fait payer une taxe d'exportation de 3%. Depuis Juin 2001, le BNE délivre un "Certificat d'Origine" conformément aux directives du Processus de Kimberley contre les "Diamants de Conflits". Seuls les Comptoirs d'Achat dûment patentés (une douzaine environ) sont autorisés à exporter les diamants bruts. Les Masters peuvent vendre leurs diamants soit directement aux Comptoirs d'Achat à Conakry, soit à des collecteurs autorisés qui revendent aux Comptoirs.

 

LE FER

 

La Guinée recèle 2 gisements de fer de classe mondiale inexploités, les Monts Nimba et le Simandou (distants de 110 km), dans le Sud-Est de la Guinée, parmi les tout derniers connus au monde de cette classe à n'avoir pas encore été développés.

Leur mise en exploitation intéresse certaines des plus grosses sociétés minières mondiales, la société Rio Tinto pour le Simandou, et les sociétés BHP-Billiton et Newmont-LaSource, entre autres, à travers le consortium Euronimba, pour les Monts Nimba. Ces gisements à haute teneur (66 à 68 % Fe) sont liés aux itabirites des séries archéennes et aux accumulations d'altération qui en dérivent.

 

Il existe aussi des gisements latéritiques en Basse-Guinée, dont le gisement de la presqu'île de Kaloum à Conakry, et d'autres dans la région de Forécariah (ressources estimées à plus de 400 Mt) ; D'autres gisements mineurs ou moins connus ont été relevés dans d'autres itabirites en Haute-Guinée et en Guinée Forestière, et dans les schistes et quartzites du Protérozoïque inférieur et aux grès ordoviciens dans le centre du pays (Moyenne-Guinée).

 

La Presqu'île de Kaloum (Conakry) : La Compagnie Minière de Conakry (CMC) a exploité du minerai de fer sur la presqu'île de Kaloum, à Conakry, de 1953 à 1966, avec une production annuelle qui a atteint 800 000 tonnes. Le minerai est formé de latérites extrêmement riches en fer car développées sur les roches ultrabasiques (dunites) qui forment la géologie de la presqu'île. Le gisement est désormais entièrement urbanisé par les extensions de la ville de Conakry.

 

Les Monts Nimba forment une chaîne montagneuse de 25 km de long en Guinée forestière, dans la préfecture de Lola, aux confins de la Côte d'Ivoire et du Libéria. Ils culminent à 1752 m d'altitude, le plus haut sommet de Guinée. Ils hébergent des biotopes humides d'altitudes uniques qui leur a valu un classement au Patrimoine Mondial par l'UNESCO.

Ils contiennent un gisement de fer en 4 corps connus, Château, Pierre-Richaud, Grands Rochers et Sempéré, totalisant actuellement 560 Mt de réserves, dont 350 Mt prouvées à Pierre-Richaud, avec des ressources potentielles de plus d'1 milliard de tonnes, d'un minerai de fer riche de très bonne qualité, avec des teneurs de 63 à 68 % de fer.

Ce gisement constitue le prolongement en Guinée de ceux qui étaient exploités par Lamco au Libéria. La partie guinéenne avait déjà fait l'objet d'études de faisabilité dans les années 70, avec évacuation du minerai de fer par le chemin de fer existant du Libéria (Projets Mifergui-Nimba, puis Nimco). La guerre civile au Libéria avait mis ce projet en suspens, avec recherche de solutions économiques alternatives pour évacuer le minerai de Fer.

Le projet est désormais mené par le consortium Euronimba, qui rassemble la société anglo-australienne BHP-Billiton (43,5%), la société américaine Newmont à travers Newmont-LaSource (43,5%) et le français Aréva/Cogéma (13%). Il envisage un rythme d'exploitation de 20 Mt par an, avec évacuation à travers la Guinée par le chemin de fer Transguinéen (1000 km).

Une Convention Minière portant sur le projet d'exploitation du minerai de fer des Monts Nimba a été signée le 25 Avril 2003. Elle prévoit la création d'une société exploitante qui associe Euronimba (85%), Minfergui-Nimba (le détenteur historique des droits miniers, qui apporte ses travaux antérieurs) (5%) et l'Etat Guinéen (10%).

A noter que l'opérateur s'engage à suivre les 18  recommandations émises par le Comité du Patrimoine Mondial et à bien tenir compte des contraintes de protection des biotopes classés des Monts Nimba.

 

Le Simandou forme une chaîne montagneuse de 115 km d'allongement Nord-Sud, à cheval sur les préfectures de Beyla, Macenta et Kérouané. De nombreux indices de minerai de fer étaient connus le long de cette chaîne.

Entre 1997 et 2000, la société Rio Tinto a montré que certains de ces indices constituent en fait d'importants gisements : Les ressources du seul gisement du Pic de Fon (environ 7 km de long sur les 115 de la chaîne) sont désormais estimées à plus de 1,2 milliards de tonnes d'un minerai riche à 65 à 68 % de fer.

Rio Tinto envisage une exploitation d'abord à un rythme de 25 Mt/an, pouvant passer ensuite à 40 Mt/an. La faisabilité de ce projet est tributaire de la réalisation d'une voie d'évacuation comme le chemin de fer Transguinéen.

Une Convention Minière portant sur le projet d'exploitation du minerai de fer du Simandou a été signée le 26 Novembre 2002 et ratifiée le 3 Février 2003. La société minière de droit guinéen, SIMFER, filiale de Rio Tinto à laquelle doit être attribuée la concession d'exploitation, a été créée.

 

Le Projet du Transguinéen : Ce chemin de fer de 1 000 km reliant l'arrière-pays à la façade atlantique de la Guinée permettrait le transport sécurisé du riche minerai de fer du Mont Nimba et de la chaîne du Simandou, ainsi que de la bauxite provenant de Dabola, Tougué et de la Moyenne-Guinée en général, mais aussi le trafic des produits agricoles et alimentaires entre la côte et l'intérieur du pays.

Une réactualisation de l'étude économique préliminaire a été effectuée en 2001 par le Consortium Allemand DE-Consult et Thyssen, sur financement guinéen (ANAIM), mais une étude de faisabilité bancable complète est désormais nécessaire. Conformément à leurs conventions, Rio Tinto et Euronimba doivent financer rapidement une telle étude à travers un Comité Tripartite les associant à l'Etat Guinéen. La procédure d'appel d'offres pour est en cours.

L'option actuellement retenue est une voie ferrée à écartement normal qui irait de Lola (Monts Nimba) à Matakang (une île au Sud-Est de Conakry), en passant par Beyla (Simandou) et Kankan où elle rejoindrait en partie le tracé de l'ancienne ligne Conakry-Niger.

Cette option prévoit aussi la réalisation d'un port en eau profonde à Matakang.

Le chemin de fer devrait permettre de transporter plus de 60 millions de tonnes de minerai ; le port devrait permettre de recevoir les bateaux de 250 000 à 300 000 tonnes.

L'ensemble chemin de fer / port représente un investissement évalué à 2,5 milliards de $ US.

La mise en exploitation des gisements de Nimba et Simandou, qui pourrait intervenir à partir de 2010, hisserait la Guinée au 7 ou 8ème rang mondial des pays producteurs de minerai de fer.

 

L’objectif fondamental demeure l’amélioration de la contribution du secteur minier
à l’économie nationale conformément à la Stratégie de Réduction de la Pauvreté par :

 

La diversification de la production minière ;

La transformation sur place des minerais extraits

 

 

AUTRES SUBSTANCES MINERALES

 

D'autres substances minérales présentent ou pourraient présenter un intérêt économique en Guinée :

 

Hydrocarbures : Plusieurs campagnes d'exploration pétrolière ont été menées en Guinée entre 1967 et 1999, successivement par les sociétés Shell, Buttes Gas & Oil, Nafta Gas, JPDC, Union Texas Petroleum, Superior Oil, Mobil, Petrocanada (sur crédit IDA-Banque Mondiale), Western Geophysical, avec essentiellement des levés géophysiques off-shore (sismique, gravimétrie, magnétisme). Jusqu'à présent un seul forage a été effectué, sans succès, mais il reste de  nombreuses zones favorables du plateau continental à tester.

 

Nickel (et platinoïdes) : Des minéralisations en nickel ont été reconnues sur le massif du Mont Kakoulima, un complexe intrusif lité basique-ultrabasique avec séquence lithologique complète allant de la dunite (péridotite) au gabbro, situé à 50 km de Conakry dans les préfectures de Coyah et de Dubréka).

En 1961, une mission tchécoslovaque  y avait décelé des concentrations de nickel sous forme oxydée proches de la surface (teneurs de 0,5% à 0,8% dans la tranche explorée d'une vingtaine de 20 mètres).

Entre 1996 et 2002, les sociétés canadiennes Afcan et Semafo Inc. ont repris un programme d'exploration sur le Kakoulima, auquel s'est ensuite associé Rio Tinto, avec levés géophysiques (EM héliporté, géophysique au sol), géochimie, géologie puis quelques sondages carottés. Localement, un horizon inframétrique de sulfures massifs à nickel (1,9 à 4,7%), cuivre (0,7 à 1,5%), cobalt (0,1 à 0,2%) et platinoïdes (2 à 4 g/t) a été intersecté.

La société canadienne FNX-Mining a repris les travaux début 2004 et démarre en octobre 2004 une nouvelle campagne de sondages carottés.

 

Calcaire : Des gisements de calcaire se trouvent dans les préfectures de Kindia, Siguiri, Mali et Tougué, avec des ressources estimées à plus de 200 millions de tonnes. Un projet de carrière de calcaire et de cimenterie d'une capacité de 525 000 t de ciment par an à Souguéta (Préfecture de Kindia) est en suspens avec la société Souguéta Engineering. Un autre projet d'exploitation de calcaire pour la fabrication de chaux et/ou de ciment avait été envisagé à Siguiri, en particulier pour alimenter les unités de cyanuration en tas des mines d'or de Siguiri et de Léro-Fayalala.

 

Matériaux de construction : Les roches magmatiques (granites, dolérites, gabbros, etc. ) présentent de larges affleurements un peu partout en Guinée et servent essentiellement pour les granulats destinés à la construction (habitations, ouvrages d'art, routes, etc.). Ces formations donnent par endroits de beaux spécimens qui pourraient être utilisés comme pierres ornementales.

Le sable, exploité pour la construction, est abondant dans les zones gréseuses de Guinée maritime et de Moyenne Guinée, ainsi que dans les lits du Niger et de ses affluents en Haute Guinée.

 

Minéraux de sables noirs : Ces minéraux (ilménite, rutile, zircon, etc.) se trouvent dans les sables du littoral et dans les lits des grands cours d'eau (Niger, Niandian, etc.) Des concentrations intéressantes existent au Cap Verga (Préfecture de Boffa) et à Benty (Préfecture de Forécariah).

 

Uranium : Plusieurs missions d'exploration pour l'uranium se sont succédées depuis 1958, en particulier après les levés géophysique aéroportés (scintillométrie) de Geosurvey en 1979. Les anomalies et indices découverts jusqu'à présent ne se sont pas révélés d'intérêt économique.

 

Métaux de base : Les caractéristiques géologiques du pays permettent d'espérer la présence de plusieurs types de minéralisation de métaux de base (amas sulfurés à cuivre, plomb, zinc, etc.). Jusqu'à présent, seuls des indices mineurs ont été répertoriés.

 

Graphite: Il en existe un petit gisement à Lola en Guinée Forestière.

 

 

Le Centre de Promotion et de Développement Miniers (CPDM)                haut

 

Le CPDM est le guichet unique au service de l'investisseur minier en Guinée. Il a été créé pour soutenir la politique d'incitation de l'investisseur dans le secteur minier guinéen en servant d'interface entre l'administration publique et les investisseurs de ce secteur. Il travaille en étroite collaboration avec les autres services du Ministère des Mines et de la Géologie (Direction Nationale des Mines et la Direction Nationale de la Géologie).

 

Le CPDM est le partenaire privilégié des investisseurs miniers auxquels il offre une assistance dans la préparation des demandes de permis, l'accomplissement des formalités administratives, l'instruction rapide des dossiers d'investissements et l'acquisition de titres miniers en République de Guinée.

 

 

Adresses utiles          haut

 

Ministère des Mines et de la Géologie (MMG)

B.P.295, Conakry, République de Guinée

Fax : (224) 41 49 13

 

Secrétariat du Ministre : Tel. (224) 45 45 26

 

Centre de Promotion et de Développement Minier (CPDM) : Tel. (224) 41 15 44

e-mail : cpdm@mirinet.net.gn

 

Direction Nationale des Mines :  Tel. (224) 41 42 48

Direction Nationale de la Géologie : Tel. (224) 42 20 11

 

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Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives en Guinée (ITIEG)

Services d'Appui aux Entreprises du Sénégal  www.senegal-entreprises.net